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IA: essoufflement ou refus de l’obstacle ?

L’IA n’est pas un raccourci magique. Sans workflows, données et courage de se refactorer, elle patine. Et si vous hackiez votre propre système ?

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IA: essoufflement ou refus de l’obstacle ?

Essoufflement ou refus de l’obstacle ? Je le vois : les entreprises sont moins tout feu tout flamme sur l’IA — et c’est plutôt sain.

Les budgets se resserrent, les pilotes s’enlisent, les comités de direction temporisent. C’est une bonne chose : on a compris que l’IA omnisciente n’existe pas vraiment.

Au-delà de l’économie, voilà ce qui se passe. Dès qu’on déploie sérieusement ces technos — des ChatGPT au quotidien, sans même parler de traitements cognitifs plus lourds — on se heurte à une réalité inconfortable : pour en profiter pleinement, il faut faire un “refactor” de l’entreprise.

Si votre workflow est mauvais (pire : inexistant), l’IA n’y changera rien. Si vos données sont de mauvaise qualité, tout projet de “retrieval” ne sert strictement à rien. Le reste n’est que poudre aux yeux. Le refactor, c’est remettre d’équerre les flux, clarifier qui fait quoi, rendre les données trouvables et fiables. Ça pique, mais c’est là que la valeur se débloque.

Les illusions qui font perdre du temps

Autre illusion que je vois partout : la formation d’une journée, financée par le CPF (indeed). Vous avez juste coché une case. Je ne dis pas que c’est nul, je dis juste que ce n’est pas un point d’arrivée.

Je vois aussi souvent la même erreur : « Génial, on va pouvoir produire encore plus de contenu ! » (mails, PowerPoint, tableaux, communiqués de presse, posts LinkedIn…). Non. S’il vous plaît, non. Répliquer l’existant à l’infini ne crée pas d’avantage. Ça noie vos clients et ça vous met balle au centre avec vos concurrents.

Balle au centre : faites quelque chose de nouveau

J’invite toujours mes clients à se poser cette question : « Vos concurrents vont aussi tenter de reproduire l’existant avec l’IA. Balle au centre. Que pourriez-vous faire de nouveau ? Voire même d’un peu étrange ? »

Exemple concret. Saviez-vous qu’au lieu d’envoyer un slide deck de 100 pages à votre client, vous pouvez générer un podcast de 3 minutes depuis ce contenu ? Ou créer un mini-site interactif en 10 minutes ? On peut aussi en faire une capsule vidéo sous-titrée de 60 secondes, ou un chat consultable qui répond aux questions sur le deck. Même information, autre expérience, plus de valeur.

La technologie crée la culture

Tout ce que vous savez, depuis allez quoi 10-15 ans, sur la façon dont on utilise le numérique, ce ne sont pas des lois naturelles. La technologie crée la culture, pas l’inverse. L’IA vient percuter la précédente culture, et même l’éparpiller.

Les barrières sont réelles — techniques, organisationnelles, culturelles, réglementaires. Gloups, hein ? Mais la technologie, elle, continue de dérouler. Sans pause. À vous de décider si vous subissez ou si vous utilisez cette inertie à votre avantage.

Q: Une formation d’un jour suffit-elle pour adopter l’IA ?

R: Non. C’est un bon démarrage pour sensibiliser, mais pas un point d’arrivée. L’adoption passe par la pratique sur des cas réels, l’amélioration des workflows et la qualité des données. Ajoutez du mentoring, des garde-fous simples et des retours d’expérience. Sans mise en production progressive et mesure d’impact, la formation reste une case cochée.

Q: Comment “refactorer” son entreprise pour l’IA ?

R: Commencez par un flux critique et éliminez les frictions évidentes. Rendez les données utiles fiables et trouvables, clarifiez qui en est responsable, standardisez l’accès. Outillez là où ça coince vraiment, pas partout. Mesurez le avant/après, puis industrialisez ce qui fonctionne. Le refactor n’est pas un grand soir : c’est une suite de petits changements cohérents.

Q: Quelles alternatives à un PDF ou un slide deck de 100 pages ?

R: Transformez la matière en formats consommables : podcast de 3 minutes, mini-site interactif, capsule vidéo sous-titrée, ou un chat qui répond aux questions sur le contenu. Même fond, autre expérience. Vous facilitez l’appropriation, vous créez de l’engagement et vous augmentez la mémorisation. L’important n’est pas d’en faire plus, c’est d’en faire mieux.

Embrasser l’IA, ça demande du courage. Le courage de hacker votre propre système. On en a fait notre manifeste : learn, break and become the rules !

SH

Sébastien Hubert

Expert en IA et transformation digitale

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