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Couper la trajectoire: les pneus te punissent

Tu coupes pour gratter quelques centièmes? Tu reviens avec des pneus sales et un freinage bancal. Débrief express pour éviter l’erreur. Lis et garde du grip.

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Couper la trajectoire: les pneus te punissent

Couper la trajectoire pour gratter quelques centièmes? Mauvaise idée: on ressort avec les pneus sales et l’adhérence s’évapore au prochain freinage.

Couper pour gagner… et perdre derrière

Sur la ligne idéale, l’asphalte est propre et accroche. Dès qu’on coupe, on met des roues là où ça glisse: poussière, petits graviers, résidus de gomme. On revient avec des pneus sales. Et au panneau de freinage suivant, la voiture bouge, la distance s’allonge, le point de corde s’éloigne. Tout ça pour quelques centièmes.

Exemple concret

On mord fort le vibreur, deux roues sur le vert. 300 m plus loin, gros frein: l’avant flotte, ça bloque plus vite, on tire large et on se met en défense. Le delta gagné est parti… parfois on rend plus que ce qu’on a pris.

La nuance

Si c’est le dernier virage du tour et qu’on rentre aux stands juste après, l’impact est limité. En course ou sur un relais long, c’est non: on paye cash au freinage suivant, et parfois pendant un ou deux virages.

À garder en tête

Le temps, on le fait en restant sur la ligne et en préparant le freinage. Gratter des centièmes, oui. Ramasser de la poussière, non.

Q: Pourquoi des pneus sales font-ils perdre de l’adhérence?

R: Parce qu’entre le pneu et l’asphalte, on interpose une fine couche de saletés (poussière, petits graviers, résidus de gomme) qui réduit le contact réel. Le pneu glisse davantage, les roues se bloquent plus vite, la distance de freinage s’allonge et l’entrée de virage devient floue. Il faut généralement quelques virages propres pour que la surface redevienne nette et chaude. Sur un tour lancé, cette perte coûte plus que les centièmes “gagnés” en coupant.

Q: Comment retrouver l’adhérence après être sorti de la trajectoire?

R: On nettoie et on remet en température progressivement. On enchaîne un ou deux virages à rythme croissant, on freine linéairement pour recoller le pneu à la piste, on évite les appuis brutaux tant que ça flotte. En général, un tour propre suffit pour revenir au grip normal. L’important: ne pas sur-conduire pour “compenser” tout de suite, sinon on prolonge la glissade et on abîme encore la surface.

Q: Couper la trajectoire peut-il être rentable en qualification?

R: Rarement. Le raccourci peut donner quelques millièmes, mais on les rend presque aussitôt au freinage suivant avec des pneus sales, surtout avant une zone lente. Sauf cas particulier (ligne d’arrivée juste après, retour aux stands dans la foulée), ça ne paie pas. Mieux vaut rester sur la ligne et optimiser la sortie: c’est là que se fait le chrono.

Conclusion courte: restez sur la trajectoire, faites le temps au propre. On vous aura prévenu !

SH

Sébastien Hubert

Expert en IA et transformation digitale

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